Séminaire 2022-2023

  • Imprimer

Séminaire du CREDO 2022-2023
"Actualité de la recherche en Océanie"

Un accès en visioconférence est également proposé mais la participation sur le site St Charles est à privilégier

 

Pour celles et ceux ne possédant par de carte AMU, merci de vous mettre en relation avec les organisateurs, a minima 48h avant la date du séminaire, afin d'effectuer les démarches pour vous permettre l'accès au campus

Co-organisateurs
Lorenzo Brutti, Marc Tabani

Jour et horaire
le vendredi, de 10h à 12h30

Pour plus d'informations et contact pour accès à la visioconférence ou au campus
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lieu
Campus St Charles, Université d'Aix-Marseille
3 Place Victor Hugo
13003 Marseille
Batîment 15 - Espace Yves Mathieu - 3ème étage
Maison Asie Pacifique - Salle audiovisuelle
Plan du campus en PDF

Si vous souhaitez consulter le programme des années précédentes, cliquez sur ce lien
(le programme 2020-2021 sera disponible prochainement dans les pages archivées)

Le programme du séminaire est actualisé tout au long de l'année

—————————-—————————-—————————-—————————-

Vendredi 14 octobre 2022

Francesca BRUNETTI
(Master 2 à l’Université de Rome « Sapienza » en Disciplines Ethno anthropologiques, Rome - Italie)

Art et transformation sociale en Polynésie Française

La Polynésie Française est un pays investi par des imaginaires stéréotypés, anciens et contemporains, qui ont contribué à la cristallisation d'un positionnement précis des acteurs sociaux au sein de la collectivité.
Dans ce contexte, j'ai particulièrement analysé les imaginaires (et leurs effets) qui ont été construits autour du corps féminin sur lequel la peur de l'altérité a d'abord été projetée et sur lequel, par conséquent, son contrôle a été agi.
Les imaginaires construits autour d'une société sont, en effet, des moyens qui peuvent conduire à l'incorporation d'une pensée qui complexifie la possibilité de transformation collective et de mobilité sociale. L'imaginaire immobile est établi dans un temps cyclique qui se reproduit toujours dans une action dépourvue de pensée créatrice et de construction de la nouveauté. La construction des imaginaires peut donc être analysée comme un outil gouvernemental utile aux organes de pouvoir pour maintenir un équilibre solide (politique, économique et religieux).
J'analyse ensuite les deux mythes qui ont été sculptés sur le corps féminin (mythe de la vahiné tahitienne et mythe du matriarcat) afin de comprendre leurs origines et leurs conséquences sur le corps social. Cette analyse jette une lumière plus claire sur les conflits contemporains, en particulier sur la relation homme-femme et les dynamiques de pouvoir qui y sont liées.
Grâce à la rencontre avec des femmes artistes polynésiennes contemporaines travaillant sur le territoire de Tahiti, j'ai pu prendre connaissance d'une nouvelle manière d'analyser et de critiquer les imaginaires qui conduit à une réécriture actuelle de la collectivité ma'ohi. Les espaces créatifs se positionnent ainsi comme des lieux où il est possible de se réinscrire dans le temps historique, dans le mouvement et dans la transformation. Ma présentation vit à montrer comment, à travers la déconstruction des imaginaires mythiques et la production d'art indigène, il y a une possibilité d'autoréflexion et de résolution des conflits sociaux.

—————————-—————————-—————————-—————————-

Vendredi 21 octobre 2022

Mark COLLINS

Titre à venir

—————————-—————————-—————————-—————————-

Vendredi 18 novembre 2022

Marta GENTILUCCI
(post-doctorante en anthropologie à CUFR de Mayotte au sein du projet FUTURE MAORE REEFS)

LE CHEMIN KANAK DU NICKEL.

SOUVERAINETÉ ENVIRONNEMENTAL EN NOUVELLE CALEDONIE

Quels nouveaux scénarios se présentent lorsque les Kanak, un peuple "indigène" longtemps opprimé et marginalisé par l'impérialisme économique français, gèrent les revenus de l'une des plus importantes usines de traitement du nickel au monde? Comment évoluent les représentations locales du nickel? L'entrée des Kanaks (par le biais de la société minière SMSP) dans la chaîne du nickel correspond-elle à l'incorporation de cette société mélanésienne dans les dynamiques néolibérales et capitalistes, ou signale-t-elle l'émergence d'une voie kanak au capitalisme, ou encore y a-t-il des traces des deux processus?

Les flux de nickel relient les îles, les peuples et les continents et contribuent au complexe tissage du monde dans lequel nous naviguons. Selon certains récits kanaks: le minerai "contient la terre et le sang de tous les ancêtres", "contient le combat pour l'indépendance", "est une partie de nous qui voyage pour partager", "est notre participation à la construction du monde moderne”.

Dans ce séminaire, mon objectif sera de mettre en évidence les relations, les connexions, les significations et les émotions liées au nickel, une ressource qui n'est pas simplement économique mais intimement liée à l'histoire politique, sociale et économique de cet archipel océanique.

En adoptant une regard orientée à saisir les (dé)connexions entre la gestion locale pratique des ressources naturelles et les échanges économiques mondiaux, je décrirai spécifiquement le tentative kanak de désactiver les mécanismes classiques de l'enclave minière. Ce cas ethnographique, issue d’un séjour de 10 mois entre 2017 et 2018 en Nouvelle Calédonie, nous fera en même temps réfléchir sur la façon dont le contrôle impérialiste des matières premières stratégiques peut être progressivement arrêté.


—————————-—————————-—————————-—————————-

Vendredi 25 novembre 2022

Andrea ZUPPI

Phd Université d’Aarhus (Danemark). Affiliée au laboratoire EREA dans le cadre d’un post-doc à la Fondation Fyssen (2021-2022),


Les missionnaires cannibales.

Une histoire amérindienne d’opulence et de tombée en disgrâce

Il n’y a pas si longtemps encore, les missionnaires cannibales vivaient toujours parmi les Kulina (Madiha) du Rio Purus, au Pérou. C’est ce que soutiennent certains des Kulina que j’ai rencontrées lors de mes séjours de terrain. Mais qui sont les missionnaires cannibales ? D’où venaient-ils et pourquoi étaient-ils venus ? Quel type de relation entretenaient-ils avec les Kulina ? Pourquoi sont-ils partis ? Cette communication vise à répondre à ces questions à partir de trois récits : un mythe de création kulina et deux versions de l’histoire des missionnaires cannibales, l’une par un Kulina et l’autre par un anthropologue. L’analyse croisée de ces trois récits permettra d’éclairer certains aspects de la socialité kulina comme le rapport à certaines figures d’altérité et les relations de maîtrise, la conversion au christianisme ainsi que la manière de se rapporter au passé.