Pôle méthodologique: Systèmes d'informations
Systèmes d’information
Responsable: Laurent Dousset
Le pôle méthodologique "systèmes d'informations" encadre et soutient un certain nombre de projets qui exigent des réflexions et des conceptions complexes de systèmes informatiques traitant les données et les combinant et croisant avec d’autres attributs de type géographique, politique, économique, historique etc. Dans son sens le plus commun, le concept de système d’information est un traitement multidimensionnel qui comprend trois étapes essentielles : la structuration des informations dans un environnement informatique ouvert, l’analyse de ces données en les comparant et modélisant avec d’autres types de données, et la restitution dynamique (sous forme de moteur de recherche, de cartes dynamiques, de listings créées à la volé etc) des données et des analyses, répondant ainsi aux besoins des chercheurs, du public et des sociétés concernées à la fois. Plusieurs membres du CREDO s’engagent dans ces traitements complexes de leurs données (voir plus loin).
Parmi les travaux essentiels de ce pôle méthodologique il faut compter le développement de la plateforme d'archivage complexe ODSAS et la plateforme AUSTKIN. Cette dernière est développée par le CREDO dans le cadre d'un projet collaboratif avec l'Australian National Univesity
ODSAS
Présentation de la plateforme
Article détaillé de présentation de la plateforme
Wiki de la plateforme
Accès à la plateforme
AustKin
Présentation de la plateforme
Copies d'écran de la plateforme (qui est inaccessible au public)
Wiki de la plateforme
Accès à la plateforme
Autres projets et plateformes dans le cadre du pôle méthodologique "Systèmes d'Informations"
Le site internet AusAnthrop (http://www.ausanthrop.net) et les diverses bases de données ethnologiques qu’il héberge sous l’autorité le Laurent Dousset continueront à se développer et à souligner la place dominante que celui-ci occupe parmi ceux relatifs aux recherches concernant les Aborigènes d’Australie et la diffusion de ces recherches au sein du public spécialisé et général. Diverses sections nouvelles ont été ajoutées ces dernières années, telle une introduction à l’étude de la parenté, des informations et analyses sur les revendications territoriales ou encore des comptes-rendus d’ouvrages. Ce site, avec plus de 10000 visiteurs par jour en moyenne, continuera à être mis à jour à la fois par le biais de la publication d’informations relatives aux recherches et politiques indigènes actuelles, mais aussi en y hébergeant les résultats des projets de l’auteur et de chercheurs tiers. Une attention toute particulière sera donnée au forum de discussion interactif qu’il héberge et qui connaît une certaine autonomie, grâce à la participation d’un public d’origine diverse. En effet, à terme, le contenu de ce forum pourra faire l’œuvre d’une analyse de certains stéréotypes concernant à la fois la recherche anthropologique et la culture des Aborigènes d’Australie.
Le second projet coordonné par L. Dousset sous le thème de l’hypermédia concerne les archives personnelles de Karel Kupka, anthropologue qui a effectué des terrains de recherche en Australie, dans la terre d’Arnhem. Ces archives contenant les carnets de terrains, des lettres de correspondance et des photographies prises par Kupka seront d’abord numérisées et cataloguées, ensuite restituées au monde de la recherche. Divers supports pour cette restitution sont envisageables : publications analytiques et catalogues papiers, DVD interactifs ou encore CD-ROM d’archivage. Dans le cadre de cette restitution et de l’analyse et publication de ces archives, des collaborations avec l’AIATSIS (Australian Institute for Aboriginal and Torres Strait Islander Studies, Canberra) et éventuellement avec le Musée du Quai Branly sont envisagées. Outre l’importance des travaux de Kupka et l’apport significatif que cette restitution constitue dans le domaine des recherches Aborigènes, ces archives pourraient également faire l’objet d’un travail de thèse comparatif sur les Aborigènes Yolngu, considérant la situation actuelle et la mettant en perspective avec celle étudiée par Kupka.
Serge Tcherkézoff consacrera les quatre années à venir à travailler sur les documents historiques, le plus souvent inédits, écrits par des Européens lors des premières rencontres entre ces derniers et les habitants du Pacifique. Pendant cette première phase, de quatre ans, car il s’agit d’un programme à très long terme, il se consacrera aux deux pays/territoires sur lesquels il a déjà produit une analyse, sous forme de deux ouvrages, concernant quelques-uns de ces textes : Samoa et Tahiti. Avant de programmer, pour un quadriennal futur, des analyses complémentaires que le recueil de textes rendra possible, il s’agit d’organiser ce recueil et ensuite, point essentiel, de mettre à la disposition des pays et territoires concernés ces textes : à la fois par l’élaboration d’un site internet, qui comprendra les pages originales, au fur et à mesure qu’elles seront retrouvées dans des fonds d’archives, leur traduction en anglais et/ou français quand il s’agit de textes portugais, espagnols, hollandais, et, d’autre part, une copie papier de l’ensemble sous forme de volumes reliés, qui sont remis officiellement aux archives nationales des pays concernés (P.-L. Jordan étant associé à cette partie de la recherche sur les fonds en espagnol et portugais). Cette remise officielle pour Samoa est prévue pendant les années 07 et 08, pour Tahiti pendant les années 08 et 09.
Marc Tabani envisage, en collaboration avec le Centre Culturel de Vanuatu (Vanuatu Kaljoral Senta – Port-Vila), de constituer une archive multi-supports (imprimés, microformes, notes de terrains, documents sonores et documents audiovisuels) sur la littérature orale du mouvement John Frum dans l’île de Tanna, de procéder à l’indexation de ce corpus et de l’intégrer à une base de données. Ce projet vise à une meilleure compréhension de ce mouvement cultuel, devenu religion prédominante à Tanna. Il comprend notamment un programme de formation de « field-workers » spécialisés dans cette tâche. L’institution des field-workers est l’une des plus originales de celles qui ont vu le jour dans le domaine de la préservation des cultures locales à Vanuatu depuis l’indépendance de ce pays. Dans le cadre de la création, ces dernières années, d’un Centre Culturel national dédié à l’étude des cultures locales, ses responsables ont entrepris de contribuer avec l’aide de field-workers, à la collecte de données linguistiques et anthropologiques.
Laurent Dousset participe depuis plusieurs mois à un projet international de longue durée et d’envergure en collaboration avec des chercheurs Australiens, Américains et Allemands. Ce projet comprend la constitution d’un véritable système d’information avec ses trois principaux aspects : entrée et stockage de données, analyse de données et diffusion des données. La nature des données est essentiellement linguistique, incluant toutefois des aspects anthropologiques, sociologiques et historiques. Leurs analyses comprennent entre autres la recherche de polysémies, la reconstruction de protolangues et proto-systèmes et l’élaboration de routes de migration et de peuplement. La diffusion est essentiellement faite sous forme de carte, pour le moment limitées à l’Australie et aux îles du détroit de Torres. Concrètement, le projet se décompose en deux étapes principales : 1) créer une application sur réseau qui permet de cartographier en direct des polysémies et des transformations diachroniques linguistiques à partir de corpus existants ; et 2) adapter cet outil à l’utilisation de corpus autres qu’Australiens.
Au travers de la détermination des familles et sous-familles linguistiques en Australie par le biais de la cartographie de polysémies et celle des influences linguistiques mutuelles entre les groupes, et en aidant dans la construction de dictionnaires étymologiques, cet outil analytique devrait permettre d’élaborer des conclusions importantes dans les domaines de l’application des technologies complexes de l’information aux sciences sociales et de la linguistique historique.
Le CREDO occupe une place importante dans l’élaboration de ce système d’information, car il héberge sur son serveur les applications et bases de données développées jusqu’à présent, et car l’un de ses membres, L. Dousset, est à la fois l’un des deux instigateurs (l’autre étant le linguiste Patrick McConvell de l’AIATSIS, Canberra) et le programmeur du projet.
Jean-Michel Chazine poursuivra le développement du logiciel ©kalimain, réalisé par Arnaud Noury. Ce logiciel permet, à partir de ce que l'on appelle « l'indice de Manning » qui est le rapport de longueur entre l'index et l'annulaire, de déterminer le sexe de la personne. J.-–M. Chazine a eu l'idée d'appliquer cet indice aux empreintes de mains négatives observées dans les grottes de Bornéo, et plus précisemment, aux diverses images dont on dispose. La méthode semblant être suffisamment validée par les échantillonnages effectués tant par Manning lui-même et son équipe, que par Chazine. Ce logiciel a commencé à être appliqué, en coordination avec J. Clottes et J. Courtin, à la grotte Cosquer, mais également à d'autres sites connus des mondes africains et australiens (plusieurs publications sont en cours de préparation et deux articles et un poster ont déjà été rédigés et publiés-présentés).
Anne Di Piazza propose, à travers son logiciel de modélisation-simulation de trajectoires de pirogues dans le Pacifique (voir rapport thème 4), de dresser une cartographie dynamique de l’Océanie, illustrant non pas les distances nautiques entre les îles, mais leurs distances relatives, calculées en nombre de jours de navigation. Cette distance est fonction des saisons de navigation et des performances des pirogues. Plusieurs cartes sont donc nécessaires pour détailler la variabilité de ces distances relatives. Ainsi, deux îles géographiquement proche peuvent se retrouver infiniment loin si, lors du trajet entre ces deux terres, la pirogue pénètre dans un secteur de louvoyage (vent debout) au mois de janvier; elles peuvent aussi se rapprocher avec une inversion des vents au mois de juin. Cette cartographie, qui échappe aux représentations classiques par longitude et latitude et détaille le degré d’accessibilité entre les îles devrait nous permettre de mieux appréhender l’étendue du savoir géographique et des représentations mentales des hommes occupant l’île pour laquelle ces cartes ont été réalisées.
Last modified by: Laurent Dousset |

